Téléphonie · Mobilité
Une ligne fixe 0590
sur un bateau, par satellite
Une ligne fixe à bord, le 0590 affiché chez le correspondant, une antenne qui voit le ciel. Les contraintes réelles de la VoIP par satellite.
Le besoin : une ligne fixe, comme au bureau
Un bateau n'est pas un standard téléphonique. On y passe quelques appels par jour : le bureau, une extension, un fournisseur, un correspondant important. Et de temps en temps, quelqu'un appelle le bord. Ce qu'il faut tient donc en une phrase : une vraie ligne fixe, avec un numéro d'entreprise, qui se comporte comme le poste du bureau, plutôt qu'un mobile personnel dont la couverture s'effondre dès qu'on s'éloigne.
Sur le territoire, ce numéro est un 0590, le plan de numérotation de la Guadeloupe, de St Martin et de St Barth, géré par l'Arcep. Un fixe d'entreprise, pas un mobile de circonstance.
Pourquoi le satellite change la donne
Pendant longtemps, la téléphonie à bord se résumait au mobile, avec une couverture qui se dégrade au large. Un accès satellite change la donne, à condition d'accepter ses caractéristiques. Les spécifications publiées par Starlink donnent une latence de 23 à 35 ms en aller-retour sur l'offre fixe, jusqu'à 99 ms sur l'offre mobile, un débit de 50 à 150 Mbit/s en réception, et une perte de paquets annoncée sous 0,2 % (starlink.com).
Pour la voix, ce ne sont ni le débit ni la latence moyenne qui posent problème. Une conversation en G.711 consomme environ 64 kbit/s, et un codec moderne tourne à moins de la moitié. Le sujet, c'est la régularité : une gigue de quelques dizaines de millisecondes et une micro-coupure suffisent à couper une syllabe.
Le poste s'enregistre sur notre serveur SIP
Le montage tient en une phrase : le téléphone du bord s'enregistre sur notre serveur SIP à travers l'accès Starlink, et c'est ce serveur qui porte le numéro et le raccorde à l'opérateur. Rien à modifier chez l'opérateur, rien à exposer sur le bateau.
Ce que cela change pour l'équipage : il décroche le poste comme au bureau, compose une extension ou un numéro, et l'appel part. Le correspondant voit le 0590 s'afficher, pas un numéro inconnu. Et quand quelqu'un appelle le bord, la ligne sonne sur le même poste, avec les mêmes règles qu'à quai.
Ce choix a une contrepartie : tout dépend de la session entre le bateau et le serveur. Nous surveillons donc le poste, la session SIP et le lien satellite, avec une alerte avant que l'équipage s'en aperçoive, et une passerelle GSM qui prend le relais pour continuer à appeler.
La latence et la gigue, pas le débit
La recommandation ITU-T G.114 place sous 150 ms d'aller-simple la zone où la conversation reste transparente, et fixe à 400 ms la limite de conception des réseaux (ITU-T G.114). Un saut satellite ajoute sa part au trajet. Avec un seul saut, on reste dans une conversation normale ; avec deux, l'échange devient pénible, et il faut le dire avant l'installation, pas après.
D'où deux réglages non négociables : le marquage de la voix en priorité sur le reste du trafic, et une limite de bande passante pour les usages qui n'en ont pas besoin. Sans cela, une mise à jour de poste ou une sauvegarde lancée au mauvais moment dégrade les appels.
La chaîne à bord
Un poste, ou un petit IPBX si le bord en a besoin, une passerelle GSM en secours, et le serveur SIP au bout du lien. Le dimensionnement est modeste : quelques appels par jour, pas une file d'attente. C'est ce qui rend le satellite acceptable ici, alors qu'il serait juste pour un centre d'appels.
- Le numéro présenté. Le 0590 s'affiche chez le correspondant, y compris depuis un poste sans fil.
- Le repli GSM. Quand la session tombe, la passerelle prend le relais pour ne pas rester muet.
- Le journal d'appels. Conservé, pour retrouver un échange avec un fournisseur ou un client.
L'antenne, le mât et la météo
La qualité d'un appel par satellite se décide avant l'électronique : dégagement du ciel, fixation rigide, câble court et protégé, alimentation stable. Sur un bateau, le roulis et les embruns font le reste. Une antenne mal fixée produit des micro-coupures qui ressemblent à des problèmes de téléphonie, alors que le problème est mécanique.
Il faut aussi prévoir la pluie forte et les passages à couvert : un pont métallique, une marina étroite, une falaise. Aucun opérateur ne s'engage sur une disponibilité parfaite, et nous ne le faisons pas non plus.
Ce qui tourne aujourd'hui
Cette chaîne n'est pas un schéma : elle est en service sur un navire à passagers. Le poste du bord s'enregistre sur notre serveur SIP à travers Starlink, le 0590 s'affiche chez le correspondant, et la ligne peut aussi être jointe depuis la terre. Une ligne fixe qui fonctionne comme celle du bureau.
Ce qu'on ne promet pas
Pas de « téléphone illimité partout en mer ». La couverture dépend de la latitude, de l'offre souscrite et de la météo, et le roaming a ses limites de débit. Ce que nous promettons tient en trois phrases : un poste qui appelle et qui reçoit comme au bureau, le 0590 affiché chez le correspondant, et une voix correcte quand l'antenne voit le ciel.
Pour un exploitant, c'est le nécessaire : joindre son bureau depuis le large sans passer par le mobile de quelqu'un, et sans que le numéro affiché change d'un équipier à l'autre.
Un projet comparable ? Nous répondons aux questions techniques en rendez-vous, avec les mêmes chiffres que dans ces articles.
L'offre correspondante : la téléphonie IP et VoIP d'entreprise à Saint-Martin.