Blog · Souveraineté
Nextcloud
un cloud local qui garde la souveraineté des données
Six questions à poser avant de confier ses fichiers, et ce que change réellement un cloud que l'on opère soi-même.
La souveraineté n'est pas un slogan, c'est une liste de questions
« Vos données restent chez vous » ne veut rien dire tant qu'on n'a pas répondu à six questions précises. Voici celles que nous posons à un fournisseur, et auxquelles nous devons répondre nous-mêmes quand on nous confie un cloud.
- 1Où est le disque, physiquement ? Un pays, un bâtiment, une salle. Pas « en Europe » : une adresse. Notre instance Nextcloud tourne sur nos serveurs, dans le data center de SXM IX à St Martin.
- 2Qui détient la clé de chiffrement ? Si c'est l'éditeur et pas vous, il peut lire vos fichiers. Chez nous, le chiffrement au repos est géré par l'infrastructure que nous opérons, et le chiffrement de bout en bout reste disponible côté client pour ce qui ne doit jamais transiter lisible.
- 3Que se passe-t-il si le fournisseur ferme ? Format d'export, délai, coût. Une donnée qu'on ne peut pas reprendre n'est pas vraiment la vôtre.
- 4Qui peut y accéder, et comment le prouve-t-on ? Journal d'audit activé, comptes nominatifs, pas de compte partagé.
- 5Où sont les sauvegardes ? Sur un autre support, dans un autre lieu, et une restauration testée, pas supposée.
- 6Qui met à jour, et à quelle vitesse ? Le jour où une faille sort dans PHP ou dans une application, la question n'est pas « est-ce que c'est à jour » mais « en combien de temps ».
Ce que nous exploitons, concrètement
Notre instance tourne sous Nextcloud 33.0.7, avec PHP 8.4.27 et une base MySQL, sur un volume de près de 500 Go. Ce ne sont pas des détails : PHP 8.4.27 est justement la version qui corrige les deux failles critiques du 21 octobre, et le fait qu'elle soit en production chez nous le lendemain est le seul argument qui compte sur ce sujet.
| Brique | Ce qu'elle apporte |
|---|---|
| Fichiers et partages | Arborescence par client, liens à expiration, mots de passe, quotas, l'accès WebDAV permet de brancher un poste sans client lourd |
| Journal d'audit | L'application admin_audit enregistre qui a touché quoi : indispensable dès qu'il y a plusieurs comptes |
| Groupes et droits | Un dossier par client, une seule personne qui le voit ; rien n'est « partagé à tout le monde » par défaut |
| Chiffrement côté serveur | Les fichiers au repos sont illisibles sur le disque, y compris pour une sauvegarde volée |
Ce que le cloud local change vraiment
Trois effets mesurables, qui n'ont rien à voir avec l'idéologie :
- La latence un transfert qui reste sur l'île ne dépend pas du câble sous-marin. Sur un dossier de plusieurs gigaoctets, la différence se voit à la seconde.
- La coupure quand le lien international tombe, le partage interne continue de fonctionner. Un service hébergé à Francfort, non.
- La facture pas de coût de sortie par gigaoctet, pas de licence par utilisateur qui grimpe à chaque embauche.
Et ce qu'il coûte, qu'il faut dire aussi : quelqu'un doit veiller aux mises à jour, aux sauvegardes et à la supervision. Un cloud local mal tenu est moins sûr qu'un service managé bien tenu, la souveraineté n'est pas une garantie de sécurité, c'est une condition de maîtrise.
Le seul test qui vaut
Restaurer un fichier effacé il y a trois semaines, sans prévenir personne, en moins d'une heure. Si ce test échoue, tout le reste de cet article est de la littérature.
Un projet comparable ? Nous répondons aux questions techniques en rendez-vous, avec les mêmes chiffres que dans ces articles.
L'offre correspondante : l'hébergement, la sauvegarde et le data center local.